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SAS ou SARL : quelles différences en 2026 ?

Président assimilé salarié ou gérant majoritaire travailleur non salarié : la différence entre SAS et SARL tient d'abord au statut du dirigeant. Comparatif chiffré des cinq critères qui changent vraiment quelque chose, avec les valeurs 2026 vérifiées.

Publié le 23 septembre 2026Mis à jour le 23 septembre 202611 min de lectureNima Chafii
SAS ou SARL : quelles différences en 2026 ?

En résumé : la SAS et la SARL partagent l'essentiel : responsabilité limitée aux apports, impôt sur les sociétés par défaut, capital libre. Cinq points les séparent : statut social du dirigeant, cotisations, dividendes, liberté des statuts et cession des titres. Chacun est chiffré ici, avec des valeurs officielles vérifiées le 23 septembre 2026.

Quelle est la différence entre une SAS et une SARL ?

Elle tient à cinq points. Le président de SAS est assimilé salarié, le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié. Les cotisations sont plus élevées en SAS. Les dividendes échappent aux cotisations en SAS, pas toujours en SARL. La SAS organise librement ses statuts. Enfin, céder des parts de SARL à un tiers exige l'agrément des associés.

La SAS (société par actions simplifiée) est une société commerciale dirigée par un président, soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés. Ses associés « sont libres de déterminer, dans les statuts, les modalités de son fonctionnement ».

La SARL (société à responsabilité limitée) est une société commerciale administrée par un ou plusieurs gérants, personnes physiques, dans un cadre fixé en détail par le Code de commerce. Elle relève aussi de l'impôt sur les sociétés.

Les cinq critères qui séparent réellement les deux formes

  • Statut social du dirigeant
    SAS : président assimilé salarié
    SARL : gérant majoritaire travailleur non salarié ; gérant minoritaire ou égalitaire assimilé salarié
  • Cotisations sur la rémunération
    SAS : plus élevées, protection du régime général
    SARL avec gérant majoritaire : plus faibles, protection moins étendue
  • Dividendes
    SAS : aucune cotisation sociale
    SARL : cotisations d'indépendant sur la part des dividendes du gérant majoritaire qui dépasse 10 % de son capital, de ses primes d'émission et de son compte courant
  • Statuts
    SAS : liberté quasi totale d'organisation
    SARL : cadre légal détaillé, peu modulable
  • Cession des titres à un tiers
    SAS : libre, sauf clause prévue par les statuts
    SARL : agrément des associés imposé par la loi

Le reste est commun : responsabilité limitée aux apports, capital librement fixé, comptes annuels, même taux d'impôt sur les sociétés. À la création, les apports en numéraire sont libérés d'au moins 50 % en SAS, 20 % en SARL, le solde dans les cinq ans.

Sources : fiches officielles SAS et SARL (service-public.gouv.fr).

Le point qui change tout : le statut du dirigeant

Le président de SAS « est assimilé-salarié et bénéficie de la protection sociale prévue par le régime général ». Le gérant majoritaire de SARL « a le statut de travailleur non salarié (TNS) et est affilié à la sécurité sociale des indépendants ». Coût, protection et dividendes découlent de cette seule différence.

Le président de SAS reçoit un bulletin de paie et cotise au régime général (maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance), mais pas à l'assurance chômage : il n'y a donc pas droit. Sans rémunération, aucune cotisation n'est due.

Le gérant majoritaire de SARL n'a pas de bulletin de paie. Ses cotisations, calculées sur son revenu professionnel, sont appelées à titre provisionnel puis régularisées. Plus faibles à revenu égal, elles protègent moins. Et il doit verser des « cotisations sociales minimales obligatoires (indemnités journalières, assurance vieillesse retraite de base, invalidité-décès) même en l'absence de rémunération ».

Attention : « majoritaire » s'apprécie en additionnant les parts de tous les gérants, et celles de leur conjoint, partenaire de Pacs et enfants mineurs (article L311-3, 11°, du Code de la sécurité sociale). Exemple : deux associés à 50/50.

  • Un seul des deux est gérant : avec la moitié des parts, il est égalitaire, donc assimilé salarié.
  • Les deux sont cogérants : ensemble, ils détiennent 100 % des parts ; tous deux sont travailleurs non salariés.

SAS ou SARL : laquelle coûte le moins cher en cotisations ?

Pour verser 40 000 € nets par an à son dirigeant, une SAS doit engager 71 764 €, contre 58 515 € pour une SARL dont le gérant est majoritaire : 13 249 € d'écart par an. Les cotisations pèsent 44,3 % du coût total en SAS, 31,6 % en SARL. Cet écart finance une protection sociale plus complète.

Ces montants viennent du simulateur officiel de l'URSSAF. Hypothèses, identiques dans les deux cas : société à l'impôt sur les sociétés, activité commerciale, siège dans les Hauts-de-Seine, société créée en 2024, pas d'ACRE, rémunération seule sans dividende, montants annuels nets avant impôt sur le revenu.

  • Pour 40 000 € nets versés au dirigeant
    SAS : 71 764 € de coût total, dont 31 764 € de cotisations
    SARL, gérant majoritaire : 58 515 € de coût total, dont 18 515 € de cotisations
  • Pour un budget identique de 60 000 €
    SAS : 33 433 € nets pour le président
    SARL, gérant majoritaire : 40 978 € nets pour le gérant
    Écart : 7 545 € par an en faveur du gérant

Cet écart achète des droits : retraite complémentaire de salarié, indemnités journalières, prévoyance, qu'un gérant majoritaire doit sinon financer par des contrats facultatifs. Autre nuance : en SAS, rien n'est dû sans rémunération ; en SARL, les cotisations minimales restent dues. Ces montants sont des ordres de grandeur : département, activité et date de création les font varier.

Source : simulateur de comparaison des statuts (mon-entreprise.urssaf.fr), consulté le 23 septembre 2026.


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Comment sont traités les dividendes en SAS et en SARL ?

En SAS, les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale : ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. En SARL, la part des dividendes du gérant majoritaire qui dépasse 10 % de son capital, de ses primes d'émission et de son compte courant d'associé entre dans l'assiette de ses cotisations d'indépendant.

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) impose par défaut les dividendes versés à une personne physique. Il « est égal à 31,4 % : […] 12,8 % correspondant à l'impôt sur le revenu et 18,6 % correspondant aux charges sociales ». Sur option, le barème progressif s'applique, après un abattement de 40 %.

La règle des 10 % : sur quel montant se calcule le seuil ?

Pas sur le capital total de la société. Le seuil vaut 10 % d'un « montant de référence constitué du capital social, primes d'émission incluses, détenu en toute propriété ou en usufruit par ces mêmes personnes et des sommes inscrites dans leurs comptes courants d'associés ». « Ces mêmes personnes » : le gérant, son conjoint ou partenaire de Pacs, leurs enfants mineurs. Seules leurs parts et leurs dividendes comptent.

Exemple. Hypothèses : société à l'impôt sur les sociétés, capital de 10 000 €, ni prime d'émission ni compte courant. Le dirigeant détient 60 % du capital (6 000 €), sa famille aucune part. Il perçoit 18 000 € de dividendes.

  • En SAS
    Aucune cotisation. PFU de 31,4 % sur 18 000 € : 5 652 €, dont 3 348 € de prélèvements sociaux. Net : 12 348 €.
  • En SARL, gérant majoritaire
    Montant de référence : 6 000 €, sa part du capital, pas les 10 000 € de la société.
    Seuil : 10 % × 6 000 € = 600 €, qui restent au PFU (188 €).
    Au-delà : 18 000 € − 600 € = 17 400 € entrent dans l'assiette de ses cotisations d'indépendant.

Combien coûtent ces 17 400 € ? Cela dépend du revenu total du gérant. Repère : pour le gérant de la section précédente, rémunéré 40 000 € nets, le simulateur de l'URSSAF fait passer les cotisations de 18 515 € à 26 124 € si son revenu atteint 57 400 €, soit environ 7 600 € de plus. L'impôt sur le revenu reste dû sur ces dividendes. En contrepartie, ces cotisations ouvrent des droits à la retraite et aux indemnités journalières.

Sources : article L136-3 du Code de la sécurité sociale (legifrance.gouv.fr), fiscalité des dividendes (service-public.gouv.fr), régime fiscal et social des dividendes (bpifrance-creation.fr).

Peut-on vendre ses parts librement ?

Non en SARL, oui en SAS. L'article L223-14 du Code de commerce impose l'agrément des associés pour céder des parts de SARL à un tiers. En SAS, la cession d'actions est libre par principe : les statuts peuvent l'encadrer, mais seulement si les associés l'ont voulu.

« Les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu'avec le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, à moins que les statuts prévoient une majorité plus forte. » (article L223-14). La société a trois mois pour se prononcer ; en cas de refus, les associés doivent racheter les parts ou les faire racheter dans les trois mois. Entre associés et en famille (conjoint, ascendants, descendants), la cession est libre, sauf clause d'agrément dans les statuts.

En SAS, l'article L227-14 ouvre une simple faculté : « Les statuts peuvent soumettre toute cession d'actions à l'agrément préalable de la société. » Ils peuvent aussi prévoir un droit de préemption, ou rendre les actions inaliénables « pour une durée n'excédant pas dix ans » (article L227-13). L'entrée et la sortie des associés s'organisent ainsi dès la rédaction des statuts.

Côté fiscal, pour des parts de SARL, « le droit d'enregistrement est fixé à 3 % », calculé après un abattement de 23 000 € ramené au pourcentage des parts cédées. Pour des actions de SAS, il est de 0,1 %. Les deux passent à 5 % pour une société à prépondérance immobilière.

Sources : articles L223-14, L227-13 et L227-14 du Code de commerce (legifrance.gouv.fr), cession de parts sociales (service-public.gouv.fr), cession de droits sociaux (impots.gouv.fr).

SAS ou SARL : que choisir selon votre situation ?

Le choix se joue sur quatre questions : quelle protection sociale voulez-vous, comment comptez-vous vous rémunérer, qui entrera au capital, et votre conjoint travaillera-t-il dans l'entreprise ? Aucune des deux formes n'est meilleure dans l'absolu : tout dépend de vos réponses à ces quatre questions.

Les situations où la SAS répond mieux

  • Vous voulez la protection sociale d'un salarié : régime général, retraite complémentaire, indemnités journalières.
  • Vous prévoyez de vous verser des dividendes : ils échappent aux cotisations sociales, quel que soit le capital.
  • Vous ferez entrer de nouveaux associés : les statuts organisent librement l'entrée et la sortie, et la cession d'actions est taxée à 0,1 %.
  • Vous démarrez sans vous rémunérer : aucune cotisation n'est due.

Les situations où la SARL répond mieux

  • Vous privilégiez le revenu net immédiat : pour 60 000 € de budget, 40 978 € nets contre 33 433 € en SAS.
  • Vous voulez un cadre fixé par la loi : règles prévisibles, moins de clauses à rédiger.
  • Vous tenez à contrôler qui entre au capital : l'agrément des associés est prévu par la loi, sans clause à rédiger.
  • Votre conjoint travaille avec vous sans être rémunéré : le statut de conjoint collaborateur n'existe pas en SAS.

Le conjoint collaborateur est le conjoint, partenaire de Pacs ou concubin qui travaille régulièrement dans l'entreprise, sans rémunération et sans être associé. Il bénéficie d'une protection sociale propre : santé, retraite, formation professionnelle. Au bout de cinq ans, il passe automatiquement au statut de conjoint salarié.

Source : statuts du conjoint du chef d'entreprise (service-public.gouv.fr). Pour préparer les formalités, voir notre parcours de création d'entreprise.

Et si vous vous lancez seul ?

Seul, la SAS devient une SASU et la SARL une EURL. Les cinq critères restent valables, plus deux différences traitées dans un article dédié : le régime fiscal par défaut et le cumul avec l'allocation chômage. Faire entrer ensuite un associé ne change pas la forme juridique.

Lire : SASU ou EURL, quel statut choisir quand on se lance seul →

Questions fréquentes

Quel est le statut le plus avantageux fiscalement ?

Aucun des deux. SAS et SARL relèvent du même impôt sur les sociétés, au taux normal de 25 % et au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital. La différence n'est pas fiscale mais sociale : elle porte sur les cotisations du dirigeant et sur les dividendes.

Quel est le meilleur statut pour payer moins de charges ?

Cela dépend de votre mode de rémunération. Sur un salaire, la SARL avec un gérant majoritaire coûte moins cher : 58 515 € contre 71 764 € pour verser 40 000 € nets, selon le simulateur de l'URSSAF. Sur des dividendes, c'est la SAS : ils ne supportent aucune cotisation sociale, seulement les prélèvements sociaux inclus dans le PFU.

Peut-on transformer une SARL en SAS ?

Oui. « La décision de transformation en société par actions simplifiée est prise à l'unanimité des associés » (article L227-3 du Code de commerce). Il faut aussi un rapport de commissaire à la transformation, de nouveaux statuts, une annonce légale et une formalité au guichet unique. La transformation ne crée pas de nouvelle société (article 1844-3 du Code civil).

Combien d'associés faut-il pour créer une SAS ou une SARL ?

Deux au minimum dans les deux cas. La SARL est plafonnée à 100 associés, la SAS n'a pas de maximum. Avec un seul associé, la SAS devient une SASU et la SARL une EURL, sans changer de régime juridique. Les associés peuvent être des personnes physiques ou des personnes morales.

Le conjoint peut-il travailler dans l'entreprise ?

Oui, en choisissant l'un des trois statuts prévus : conjoint collaborateur, conjoint salarié ou conjoint associé. Le statut de conjoint collaborateur est réservé au gérant associé majoritaire de SARL ou SELARL et à l'associé unique gérant d'EURL : il n'est pas ouvert en SAS, où seuls les statuts de conjoint salarié et de conjoint associé sont possibles.


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Rédigé par Nima Chafii Golpayegani, expert-comptable inscrit au tableau de l'Ordre des experts-comptables (région Paris Île-de-France) et président d'ACCKIN, cabinet d'expertise comptable 100 % en ligne. Chiffres vérifiés le 23 septembre 2026 ; ils évoluent chaque année. Pour les termes employés, voir notre lexique comptable.

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