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Créer une holding en 2026 : intérêt, fiscalité, coût et étapes

Une holding sert à réinvestir les bénéfices d'une société, préparer une vente ou une transmission, ou racheter une entreprise. Ce qu'elle permet en 2026, ce qu'elle coûte et quand elle n'a aucun intérêt.

发布于 2026年10月18日更新于 2026年10月18日12 分钟阅读Nima Chafii
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Créer une holding en 2026 : intérêt, fiscalité, coût et étapes

En résumé : une holding est une société qui détient des parts d'autres sociétés. Elle devient utile quand vous voulez réinvestir les bénéfices d'une société sans passer par l'impôt personnel, préparer la vente ou la transmission de votre entreprise, racheter une autre société ou regrouper plusieurs activités. Pour un dirigeant qui se verse tous ses bénéfices pour vivre, elle coûte souvent plus qu'elle ne rapporte. En 2026, sa création coûte entre 177,16 € et 252,16 € de frais légaux selon la forme choisie. La loi de finances 2026 a durci deux régimes souvent cités en sa faveur (l'apport-cession et le pacte Dutreil) et créé une taxe sur certaines holdings patrimoniales. Règles vérifiées le 18 octobre 2026 sur les sites officiels.

Qu'est-ce qu'une holding ?

Une holding est une société dont l'activité consiste à détenir des participations, c'est-à-dire des parts ou des actions, dans d'autres sociétés appelées filiales. Ce n'est pas une forme juridique : une holding est une SAS, une SASU, une SARL, une EURL ou une société civile dont l'objet social prévoit la détention de titres.

La société qui détient est appelée société mère, la société détenue est la filiale. Le mot « holding » désigne la société mère quand son rôle principal est de détenir et piloter des participations. Les deux genres s'emploient (« un » ou « une » holding) ; on écrit le plus souvent « une holding », pour « une société holding ». La définition courte est aussi dans notre lexique comptable.

Holding passive, holding animatrice, holding patrimoniale

  • Holding passive (ou pure) : elle se contente de détenir des titres et d'exercer ses droits d'actionnaire. Elle n'intervient pas dans la gestion des filiales.

  • Holding animatrice : elle participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle des filiales, et peut leur rendre des services (administratifs, juridiques, comptables, financiers, immobiliers). Cette définition, issue de la jurisprudence, a été reprise par la loi de finances pour 2024. L'administration retient notamment que l'animation est l'activité principale quand les actifs qui y sont affectés représentent plus de la moitié de l'actif total.

  • Holding patrimoniale : expression courante pour une holding qui gère surtout un patrimoine (portefeuille de titres, trésorerie, immobilier) plutôt que des filiales opérationnelles. Une holding familiale est souvent de ce type.

La distinction n'est pas théorique : seule la holding animatrice peut, sous conditions, ouvrir droit au pacte Dutreil ou à l'exonération d'IFI des biens professionnels.

Quel est l'intérêt d'une holding ?

Une holding sert à faire circuler l'argent entre sociétés avec une fiscalité réduite, tant que cet argent reste dans le groupe. Les quatre usages les plus fréquents sont détaillés ci-dessous.

1. Remonter les dividendes presque sans impôt : le régime mère-fille

Quand une filiale verse des dividendes à sa holding, ceux-ci sont presque exonérés d'impôt sur les sociétés grâce au régime mère-fille. Seule une quote-part de 5 % des dividendes est imposée.

Conditions en 2026 :

  • la holding est soumise à l'impôt sur les sociétés et détient au moins 5 % du capital de la filiale ;

  • les titres sont conservés au moins 2 ans (l'exonération s'applique dès la première année, mais l'impôt est régularisé si les titres sont vendus avant) ;

  • la quote-part imposée tombe à 1 % pour les dividendes reçus d'une société du même groupe intégré fiscalement (détention d'au moins 95 %).

Exemple chiffré. Votre société d'exploitation distribue 100 000 € de dividendes :

  • Versés directement à vous : flat tax de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), soit 31 400 € d'impôt. Il vous reste 68 600 €.

  • Versés à votre holding : 5 % de 100 000 €, soit 5 000 €, sont imposés à l'IS. Au taux normal de 25 %, cela fait 1 250 € d'impôt. La holding dispose de 98 750 € pour investir.

Le point à bien comprendre : cet avantage ne vaut que si l'argent reste dans la holding pour être réinvesti (nouvelle société, immobilier, placements, remboursement d'un emprunt). Le jour où la holding vous reverse ces sommes en dividendes, la flat tax s'applique à son tour. La holding décale l'impôt personnel, elle ne le supprime pas. Pour comparer les modes de rémunération d'un dirigeant, voir notre article dividendes 2026 : se rémunérer en SASU, SARL ou SCI.

2. Vendre sa société et réinvestir : l'apport-cession

Si vous apportez les titres de votre société à une holding que vous contrôlez, la plus-value réalisée lors de cet apport est mise en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI). Si la holding revend ensuite les titres, l'impôt reste reporté à condition de réinvestir une partie du prix.

La loi de finances pour 2026 a durci ces conditions pour les ventes réalisées depuis le 21 février 2026 :

  • la holding doit réinvestir au moins 70 % du prix de vente (60 % auparavant) ;

  • dans un délai de 3 ans après la vente (2 ans auparavant) ;

  • et conserver les actifs acquis pendant 5 ans (1 an auparavant).

Le réinvestissement doit financer une activité opérationnelle (commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole), par exemple le rachat du contrôle d'une autre entreprise ou une augmentation de capital. Les activités financières, la gestion d'un patrimoine immobilier ou mobilier et la location meublée sont exclues. Si la holding revend les titres apportés plus de 3 ans après l'apport, aucune obligation de réinvestissement ne s'applique.

3. Racheter une entreprise avec un emprunt

Pour racheter une société, la holding emprunte puis rembourse le prêt avec les dividendes de la société rachetée, presque exonérés grâce au régime mère-fille. Si la holding détient au moins 95 % de la cible, l'intégration fiscale permet en plus de compenser les résultats : la société mère paie l'IS sur la somme des résultats du groupe, ce qui permet d'imputer ses charges, dont les intérêts de l'emprunt, sur les bénéfices de la filiale.

4. Organiser un groupe ou une transmission

La holding regroupe plusieurs activités sous un même toit : vous centralisez la trésorerie, les fonctions communes (comptabilité, direction, juridique) et les décisions. Pour une transmission, une holding animatrice peut bénéficier du pacte Dutreil, qui réduit de 75 % la valeur taxable des titres donnés ou transmis. Depuis le 21 février 2026, l'engagement individuel de conservation passe de 4 à 6 ans, et les biens somptuaires détenus par la société (véhicules de tourisme, bateaux de plaisance, objets d'art, logements non affectés à l'activité…) sont exclus de l'abattement.

Quand une holding n'est-elle pas utile ?

Une holding n'est pas utile si vous avez besoin de toucher la totalité des bénéfices de votre société pour vivre. Dans ce cas, l'argent traverse la holding pour arriver chez vous, et vous payez la même flat tax qu'en direct, avec une société de plus à gérer.

Les inconvénients à peser avant de vous lancer :

  • Une deuxième société à faire vivre : comptabilité, comptes annuels, liasse fiscale, approbation des comptes et dépôt au greffe chaque année.

  • L'argent est logé dans la holding : il sert à investir, pas à vos dépenses personnelles. Le reverser vous coûte la flat tax.

  • Une organisation à justifier : une holding montée uniquement pour éviter l'impôt, sans motif économique, peut être remise en cause par l'administration.

  • La TVA : une holding passive n'est pas assujettie à la TVA et ne peut pas récupérer celle de ses dépenses. Une holding qui facture de vrais services à ses filiales peut la déduire.

  • La taxe sur les salaires : une holding qui n'est pas soumise à la TVA sur au moins 90 % de son chiffre d'affaires et qui emploie des salariés est redevable de la taxe sur les salaires, au moins en partie.

La taxe sur les holdings patrimoniales en 2026

La loi de finances pour 2026 a créé une taxe de 20 % sur certains actifs non professionnels (yachts, véhicules, logements occupés par l'associé…) détenus par les holdings patrimoniales (article 235 ter C du CGI). Elle vise les holdings qui réunissent trois conditions : au moins 5 millions d'euros d'actifs, contrôle à 50 % ou plus par une personne physique, et plus de la moitié de leurs produits issus de revenus passifs (dividendes, intérêts, loyers…). Elle s'applique aux exercices clos à partir du 31 décembre 2026. La taxe ne porte que sur ces biens : la trésorerie et les participations dans des sociétés opérationnelles n'entrent pas dans son calcul. Une holding de dirigeant de PME qui ne détient pas ce type de biens n'a donc en principe rien à payer.

Quel statut choisir pour une holding ?

La SAS (ou SASU si vous êtes seul) est la forme la plus choisie pour une holding, parce que ses statuts sont libres et qu'elle facilite l'entrée de nouveaux associés. La SARL (ou EURL) convient à un cadre plus encadré, souvent familial. Comparatif rapide :

  • SASU / SAS : statuts très souples, président assimilé salarié s'il est rémunéré, cession des actions facile. Choix le plus courant pour une holding de dirigeant ou de rachat.

  • EURL / SARL : fonctionnement plus encadré par la loi, gérant majoritaire non salarié s'il est rémunéré. Adaptée à une holding familiale stable.

  • Société civile : pour une holding patrimoniale (titres, immobilier), avec une fiscalité et des règles propres ; elle ne fait pas d'activité commerciale.

Pour le détail des différences entre ces formes, voir SAS ou SARL : quelles différences en 2026. Une holding peut tout à fait être créée seul : une SASU ou une EURL suffit.

Comment créer une holding ?

Il existe deux façons principales de créer une holding, selon que la société d'exploitation existe déjà ou non.

  • Holding par apport de titres (la plus courante) : vous créez la holding en lui apportant les titres de votre société existante. La holding devient propriétaire de la société d'exploitation, et vous détenez la holding. L'apport des titres au moment de la création est exonéré de droits d'enregistrement.

  • Holding par création puis rachat : vous créez la holding avec un capital en numéraire, puis elle rachète les titres de la société cible, souvent avec un emprunt bancaire.

Les étapes :

  1. Choisir la forme juridique et rédiger les statuts, avec un objet social qui prévoit la détention et la gestion de participations (et, pour une holding animatrice, les services rendus aux filiales).

  2. Évaluer les titres apportés. Un commissaire aux apports doit les évaluer, sauf si les associés l'écartent à l'unanimité, ce qui n'est possible que si aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € et que ces apports représentent au plus la moitié du capital.

  3. Déposer le capital social en numéraire, s'il y en a, et publier l'annonce légale de constitution.

  4. Déposer le dossier d'immatriculation sur le guichet unique des formalités d'entreprises.

  5. Formaliser ensuite, si besoin, une convention de services avec les filiales (management fees) et l'option pour l'intégration fiscale si vous détenez au moins 95 %.

Combien coûte la création d'une holding en 2026 ?

Une holding coûte, en frais légaux, la même chose que n'importe quelle société de même forme : de 177,16 € pour une EURL à 252,16 € pour une SAS en 2026 (annonce légale comptée hors taxes).

  • EURL : 177,16 € (33,83 € d'immatriculation + 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs + 124 € HT d'annonce légale)

  • SASU : 195,16 € (33,83 € + 19,33 € + 142 € HT)

  • SARL : 201,16 € (33,83 € + 19,33 € + 148 € HT)

  • SAS : 252,16 € (33,83 € + 19,33 € + 199 € HT)

S'ajoutent, selon votre situation, les honoraires du commissaire aux apports (libres, à demander au professionnel), la rédaction des statuts et le coût annuel de tenue de la comptabilité de la holding. Le détail des frais de création par statut est dans notre article combien coûte la création d'une entreprise en 2026.

Comment sortir l'argent d'une holding ?

Vous pouvez récupérer l'argent d'une holding de trois façons : dividendes, rémunération ou remboursement de compte courant.

  • Dividendes : imposés à la flat tax de 31,4 % en 2026, ou au barème de l'impôt sur le revenu après un abattement de 40 % si vous optez pour le barème.

  • Rémunération de dirigeant : possible si vous exercez une vraie fonction de direction dans la holding, typiquement dans une holding animatrice. Elle est déductible du résultat de la holding et soumise aux cotisations sociales.

  • Remboursement du compte courant d'associé : les sommes que vous avez prêtées à la holding vous sont remboursées sans impôt, puisqu'il s'agit de votre propre argent.

Questions fréquentes sur la holding

Peut-on créer une holding seul ?

Oui. Une SASU ou une EURL suffit pour créer une holding avec un seul associé. C'est même le schéma le plus fréquent pour un dirigeant qui détient sa société d'exploitation via sa propre holding.

Une SARL peut-elle être une holding ?

Oui. Toute société peut être une holding si son objet social prévoit la détention de participations. La SARL est souvent retenue pour une holding familiale, la SAS quand d'autres investisseurs peuvent entrer au capital.

Puis-je être salarié de ma holding ?

Vous pouvez être rémunéré par votre holding en tant que dirigeant si vous y exercez une fonction réelle. Président de SAS ou SASU, vous êtes assimilé salarié ; gérant majoritaire de SARL ou d'EURL, vous êtes travailleur non salarié. Une holding passive qui n'a aucune activité justifie difficilement une rémunération.

Une holding peut-elle détenir une SCI ?

Oui. Une holding peut être associée d'une SCI, ce qui permet par exemple de financer l'immobilier de l'entreprise avec des dividendes remontés presque sans impôt. Attention au régime fiscal de la SCI : une SCI détenue par une société à l'IS est imposée selon des règles spécifiques. Voir notre article SCI à l'IR ou à l'IS.

Quels frais peut-on passer dans une holding ?

Une holding déduit les dépenses engagées dans son intérêt : honoraires comptables et juridiques, frais d'acquisition de titres, intérêts d'emprunt, rémunération du dirigeant pour sa fonction réelle. Les dépenses personnelles de l'associé ne sont pas déductibles, et leur prise en charge par la société est sanctionnée.

Une holding paie-t-elle l'impôt sur les sociétés ?

Oui, une holding à l'IS paie 25 % sur son bénéfice imposable, ou 15 % jusqu'à 42 500 € si elle remplit les conditions des PME. Pour une société membre d'un groupe, le seuil de chiffre d'affaires de 10 M€ s'apprécie au niveau du groupe. Les dividendes reçus de ses filiales sont presque exonérés grâce au régime mère-fille. Voir impôt sur les sociétés 2026 : taux, acomptes et calcul.


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Sources officielles consultées le 18 octobre 2026 : BOFiP, régime mère-fille ; BOFiP, apport-cession (art. 150-0 B ter) ; BOFiP, pacte Dutreil et holding animatrice ; article 235 ter C du CGI ; flat tax 2026 ; taux de l'IS ; frais d'immatriculation ; tarifs 2026 des annonces légales ; BOFiP, TVA des holdings.

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