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Dividendes 2026 : se rémunérer en SASU, SARL ou SCI

Depuis le 1er janvier 2026, les dividendes sont taxés à 31,4 %, et non plus 30 %. Voici la règle des 10 % en SARL et EURL, et trois simulations chiffrées avec le simulateur de l'Urssaf.

Publié le 23 septembre 2026Mis à jour le 23 septembre 202613 min de lectureNima Chafii
Dividendes 2026 : se rémunérer en SASU, SARL ou SCI

En résumé : depuis le 1er janvier 2026, les dividendes versés à une personne physique sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le taux était de 30 % jusqu'au 31 décembre 2025. Le choix entre rémunération et dividendes dépend ensuite de la forme juridique, du montant et des droits sociaux visés : voici la règle des 10 % en SARL et en EURL, et trois simulations chiffrées.

Quel est le taux d'imposition des dividendes en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, les dividendes perçus par une personne physique sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Jusqu'au 31 décembre 2025, le taux était de 30 % (12,8 % + 17,2 %).

Un dividende est la part du bénéfice, déjà soumis à l'impôt sur les sociétés, que la société verse à ses associés sur leur décision.

Les 18,6 % se composent de 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Seule la CSG sur les revenus de placement a augmenté, de 9,2 % à 10,6 %. Les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent à 17,2 %.

Sur 10 000 € de dividendes bruts : 1 280 € d'impôt sur le revenu et 1 860 € de prélèvements sociaux, soit 6 860 € nets, contre 7 000 € à l'ancien taux.

Faut-il opter pour le barème progressif ?

Le PFU s'applique par défaut. Vous pouvez lui préférer le barème progressif en cochant la case 2OP de votre déclaration. Les dividendes sont alors imposés après un abattement de 40 %, et 6,8 % de CSG deviennent déductibles de votre revenu global. Les prélèvements sociaux restent dus à 18,6 % sur le brut.

La base imposée vaut ainsi environ 53,2 % du brut (60 % moins 6,8 %). L'impôt égale votre taux marginal × 53,2 %, à comparer aux 12,8 % du PFU :

  • Taux marginal de 11 % : 5,9 % du dividende brut. Le barème est plus favorable.
  • Taux marginal de 30 % : 16,0 % du dividende brut. Le PFU est plus favorable.

L'équilibre se situe vers 24 % de taux marginal, un taux qui ne correspond à aucune tranche : l'option se discute surtout pour les foyers imposés à 0 % ou à 11 %. Pour les revenus 2025, le barème compte cinq tranches : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €, 41 % jusqu'à 181 917 €, 45 % au-delà. Les dividendes perçus en 2026 relèveront du barème que fixera la prochaine loi de finances.

L'option est globale : elle vise tous vos revenus et gains mobiliers de l'année, pas seulement vos dividendes. Elle s'exerce lors du dépôt de la déclaration. Depuis la loi de finances pour 2026, l'article 200 A du Code général des impôts ne la qualifie plus d'« irrévocable ».

Salaire ou dividendes : lequel rapporte le plus ?

À résultat égal, les dividendes laissent en général un peu plus d'argent que la rémunération, mais l'écart est modeste : le dividende supporte d'abord l'impôt sur les sociétés, puis 31,4 % de PFU, soit 41,7 % à 45,6 % de prélèvements cumulés dans nos simulations. Et il n'ouvre aucun droit social.

  • Prélèvements
    Rémunération : cotisations sociales, puis impôt sur le revenu ; elle est déductible du résultat de la société
    Dividende : impôt sur les sociétés, puis 31,4 % de PFU (ou barème sur option)
  • Retraite
    Rémunération : valide des trimestres et des points. Au régime général (président de SAS rémunéré), 1 803 € valident un trimestre en 2026, 4 au maximum par an
    Dividende : aucun droit
  • Maladie, maternité, indemnités journalières
    Rémunération : droits ouverts
    Dividende : aucun droit
  • Assurance chômage
    Ni l'un ni l'autre : le président de SAS comme le gérant majoritaire n'y cotise pas au titre de son mandat
  • Disponibilité
    Rémunération : versée au fil de l'année, indépendamment du résultat
    Dividende : après approbation des comptes, et seulement s'il existe un bénéfice distribuable

Nos simulations donnent un écart de 976 € à 7 170 € par an entre « tout en rémunération » et « tout en dividendes », en échange de trimestres de retraite et d'une couverture maladie. Le bon dosage dépend de votre âge, de votre protection sociale et de votre horizon : c'est l'objet d'un point sur la rémunération du dirigeant.


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Les dividendes en SASU : pas de cotisations sociales

En SASU comme en SAS, les dividendes du président ne supportent aucune cotisation sociale, quels que soient leur montant et le capital, du fait de son statut d'assimilé salarié. Seul s'applique le PFU de 31,4 %, ou le barème sur option.

Exemple : une SASU dégage 40 000 € de bénéfice avant impôt, sans rémunérer son président. L'impôt sur les sociétés au taux réduit de 15 % prélève 6 000 €. Sur les 34 000 € distribués, le PFU prélève 10 676 €. Le président perçoit 23 324 € nets, soit 58,3 % du bénéfice de départ.

Sans rémunération, le président ne valide aucun trimestre de retraite et n'ouvre aucun droit aux indemnités journalières au titre de son mandat. Comparaison complète avec le gérant d'EURL : SASU ou EURL : quel statut choisir quand on se lance seul.

Les dividendes en SARL et EURL : la règle des 10 %

En SARL ou en EURL à l'impôt sur les sociétés, la part des dividendes du gérant majoritaire qui dépasse 10 % du capital social qu'il détient (primes d'émission incluses) et de ses comptes courants d'associé est soumise aux cotisations sociales des travailleurs indépendants. En dessous de ce seuil, les dividendes ne supportent que les prélèvements sociaux de 18,6 %.

Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). La règle (article L136-3 du Code de la sécurité sociale) vise aussi les dividendes de son conjoint, de son partenaire de Pacs et de ses enfants mineurs non émancipés. Le capital social et les comptes courants pris en compte sont ceux que détiennent ces personnes.

Exemple : le gérant détient 100 % du capital (cas de l'EURL) et perçoit 20 000 € de dividendes, sans prime d'émission ni compte courant.

  • Capital de 5 000 € : seuil de 500 €, qui supporte 93 € de prélèvements sociaux. Les 19 500 € restants entrent dans l'assiette des cotisations TNS.
  • Capital de 50 000 € : seuil de 5 000 €, qui supporte 930 € de prélèvements sociaux. Les 15 000 € restants entrent dans l'assiette des cotisations TNS.

Si le gérant ne détient qu'une partie du capital, le seuil se calcule sur sa seule quote-part (et celle de sa famille) : voir SAS ou SARL : quelles différences en 2026 ?. Dans les deux exemples, l'impôt sur le revenu de 12,8 % reste dû sur les 20 000 €, soit 2 560 €, et les cotisations sur la fraction excédentaire se chiffrent au cas par cas, selon votre revenu professionnel total. En contrepartie, cette fraction ouvre des droits à la retraite et aux indemnités journalières, contrairement aux dividendes de SASU.

Les dividendes en SCI à l'impôt sur les sociétés

Une SCI à l'impôt sur les sociétés subit deux niveaux d'imposition : l'impôt sur les sociétés sur son résultat, puis le PFU de 31,4 % sur les dividendes versés à l'associé. Celui-ci, s'il est une personne physique, les déclare en revenus de capitaux mobiliers.

Sur 20 000 € de résultat entièrement distribué :

  • SCI éligible au taux réduit de 15 % : 3 000 € d'impôt sur les sociétés, 17 000 € distribués, 5 338 € de PFU, 11 662 € nets (41,7 % de prélèvements cumulés).
  • SCI non éligible, taux normal de 25 % : 5 000 € d'impôt sur les sociétés, 15 000 € distribués, 4 710 € de PFU, 10 290 € nets (48,6 %).

Le taux réduit de 15 %, jusqu'à 42 500 € de bénéfice, exige un chiffre d'affaires d'au plus 10 000 000 € et un capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Une SCI à l'impôt sur le revenu ne verse pas de dividendes : son résultat est imposé chez les associés en revenus fonciers, avec des prélèvements sociaux de 17,2 %. Comparatif complet : SCI à l'IR ou à l'IS : comment choisir.

Trois simulations chiffrées

Ce que perçoit le dirigeant d'une SASU sur un résultat de 30 000 €, 60 000 € puis 100 000 €, versé en rémunération, en dividendes ou moitié-moitié. Cotisations et impôt sur le revenu : API publique du simulateur officiel de l'Urssaf ; impôt sur les sociétés et PFU : taux 2026.

Hypothèses : SASU éligible au taux réduit d'impôt sur les sociétés ; président célibataire, une part fiscale, sans autre revenu ; impôt sur le revenu au barème des revenus 2025, le dernier publié ; dividendes au PFU ; résultat exprimé avant rémunération du dirigeant et avant impôt sur les sociétés.

Résultat de 30 000 €

  • Tout en rémunération : 13 483 € de cotisations, 16 517 € nets, impôt sur le revenu nul → 16 517 € perçus (44,9 % de prélèvements)
  • Tout en dividendes : 4 500 € d'IS, 25 500 € distribués, 8 007 € de PFU → 17 493 € perçus (41,7 %)
  • Moitié-moitié : 8 059 € de rémunération nette, impôt sur le revenu nul, et 8 747 € de dividendes nets → 16 806 € perçus (44,0 %)

Résultat de 60 000 €

  • Tout en rémunération : 26 567 € de cotisations, 33 433 € nets, 2 703 € d'impôt sur le revenu → 30 730 € perçus (48,8 %)
  • Tout en dividendes : 10 750 € d'IS, 49 250 € distribués, 15 464 € de PFU → 33 786 € perçus (43,7 %)
  • Moitié-moitié : 16 517 € de rémunération nette et 17 493 € de dividendes nets → 34 010 € perçus (43,3 %)

Résultat de 100 000 €

  • Tout en rémunération : 43 677 € de cotisations, 56 323 € nets, 9 127 € d'impôt sur le revenu → 47 196 € perçus (52,8 %)
  • Tout en dividendes : 20 750 € d'IS, 79 250 € distribués, 24 884 € de PFU → 54 366 € perçus (45,6 %)
  • Moitié-moitié : 26 289 € de rémunération nette après 1 506 € d'impôt sur le revenu, et 28 640 € de dividendes nets → 54 929 € perçus (45,1 %)

La ligne « tout en dividendes » ne valide aucun trimestre de retraite. Et le PFU n'est pas toujours le meilleur choix : à 30 000 €, les 25 500 € de dividendes imposés au barème auraient une base de 15 300 € après abattement, soit au plus 407 € d'impôt sur le revenu au lieu de 3 264 €. Une autre hypothèse peut inverser l'ordre : ce sont des ordres de grandeur, pas une recommandation.

Quand et comment verser des dividendes ?

Une société ne verse de dividendes qu'après l'approbation des comptes, s'ils font apparaître un bénéfice distribuable, et sur décision des associés. Le Code de commerce fixe cinq étapes, et neuf mois au plus entre la clôture de l'exercice et le paiement.

  1. Arrêter les comptes annuels.
  2. Faire approuver les comptes en assemblée générale ou par l'associé unique : dans les six mois de la clôture en SARL, en EURL et en SASU. Dans une SAS à plusieurs associés, les statuts organisent cette décision.
  3. Déterminer le bénéfice distribuable : bénéfice de l'exercice, moins les pertes antérieures et la dotation à la réserve légale, plus le report bénéficiaire. La réserve légale reçoit au moins un vingtième du bénéfice jusqu'à atteindre un dixième du capital.
  4. Voter la distribution et ses modalités.
  5. Mettre en paiement dans les neuf mois suivant la clôture (article L232-13 du Code de commerce), sauf prolongation par décision de justice.

Un acompte sur dividendes peut être versé avant l'approbation des comptes si un bilan certifié par un commissaire aux comptes fait apparaître un bénéfice, que l'acompte ne peut pas dépasser. Une société sans commissaire aux comptes doit donc en mandater un. Tout dividende versé hors de ces règles est un dividende fictif (article L232-12 du Code de commerce). Pour une SCI, société civile, ce sont les statuts qui fixent les règles.

La société dépose la déclaration n° 2777-SD dans les quinze jours suivant le mois du versement et y reverse l'acompte d'impôt de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 18,6 %, retenus à la source. L'associé reporte ses dividendes en case 2DC de sa déclaration de revenus, au printemps suivant.

Questions fréquentes

Est-il possible de se verser des dividendes dans une SASU ?

Oui, dès lors que la SASU est à l'impôt sur les sociétés, que les comptes de l'exercice ont été approuvés et qu'ils font apparaître un bénéfice distribuable. Les dividendes du président de SASU ne supportent aucune cotisation sociale : ils sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ou au barème progressif sur option.

Est-il plus intéressant de se verser un salaire ou des dividendes ?

Les dividendes laissent souvent un peu plus d'argent disponible, mais ils supportent d'abord l'impôt sur les sociétés, puis 31,4 % de PFU : 41,7 % à 45,6 % de prélèvements cumulés dans nos simulations. Surtout, ils n'ouvrent ni retraite, ni indemnités journalières. Le bon dosage dépend de votre protection sociale existante et de votre horizon.

Quelle est la taxe sur les dividendes pour les EURL ?

Dans une EURL à l'impôt sur les sociétés, les dividendes du gérant associé unique supportent 31,4 % pour la fraction inférieure ou égale à 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant. Au-delà, la fraction excédentaire est soumise aux cotisations des travailleurs non salariés, tout en restant imposée à 12,8 %.

Peut-on verser des dividendes la première année ?

Oui, mais seulement après la clôture et l'approbation des comptes du premier exercice, et s'il dégage un bénéfice distribuable. Avant cette approbation, seul un acompte sur dividendes est possible. Il exige un bilan certifié par un commissaire aux comptes, que la plupart des jeunes sociétés doivent mandater pour l'occasion.

Quand doit-on déclarer ses dividendes aux impôts ?

L'associé déclare les dividendes perçus dans l'année en case 2DC de sa déclaration de revenus, au printemps suivant. L'acompte de 12,8 % prélevé au moment du versement s'impute sur l'impôt dû. La société, elle, dépose la déclaration n° 2777-SD dans les quinze jours suivant le mois du versement.


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À propos de cet article

Rédigé par Nima Chafii Golpayegani, expert-comptable inscrit au tableau de l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France, fondateur d'ACCKIN.

Taux, seuils et délais vérifiés le 23 septembre 2026 aux sources officielles ci-dessous. Les simulations donnent un ordre de grandeur et ne remplacent pas une étude personnalisée.

Sources officielles : taux du prélèvement forfaitaire unique · fiscalité des dividendes · prélèvements sociaux · barème de l'impôt sur le revenu · article 200 A du CGI · article L136-3 du Code de la sécurité sociale · article L232-12 du Code de commerce · article L232-13 du Code de commerce · taux de l'impôt sur les sociétés · validation des trimestres de retraite.

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