العودة إلى المدونة
مميزتأسيس شركة

Créer son entreprise au chômage en 2026 : ARE ou ARCE ?

Au chômage, vous pouvez créer votre entreprise en gardant une partie de l'ARE chaque mois ou en touchant l'ARCE, un capital de 60 % de vos droits restants. Règles 2026, exemple chiffré et critères pour choisir.

نُشر في 31 أكتوبر 2026تحديث في 31 أكتوبر 202611 دقيقة قراءةNima Chafii
المقال متاح بالفرنسية فقط
Créer son entreprise au chômage en 2026 : ARE ou ARCE ?

En résumé : si vous créez votre entreprise en touchant l'allocation chômage (ARE), France Travail vous propose deux options, et il faut choisir l'une ou l'autre. Avec le maintien de l'ARE, vous gardez chaque mois une partie de vos allocations, réduite de 70 % de ce que votre activité vous rapporte. Avec l'ARCE, vous recevez un capital égal à 60 % de vos droits restants, en deux versements à six mois d'intervalle. Le maintien de l'ARE protège un démarrage lent. L'ARCE finance un projet qui a besoin de trésorerie tout de suite. Depuis le 1er janvier 2026, l'ARCE suppose d'avoir demandé l'ACRE à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d'activité : elle n'est plus automatique. Règles vérifiées le 27 octobre 2026 sur les sites officiels.

Peut-on créer son entreprise en touchant le chômage ?

Oui. Un demandeur d'emploi indemnisé peut créer ou reprendre une entreprise sans perdre ses droits : il choisit ensuite entre le maintien partiel de l'ARE et l'ARCE. Trois points sont à vérifier avant de se lancer.

  • Inscrivez-vous à France Travail avant de créer. L'inscription doit précéder la création ou la reprise. La date retenue est celle du début d'activité ou, à défaut, celle de l'immatriculation. Les démarches préparatoires faites pendant un préavis ne comptent pas comme une création.
  • Relisez votre ancien contrat de travail. Une clause de non-concurrence peut vous interdire de créer une activité concurrente de celle de votre ancien employeur.
  • Toutes les formes juridiques sont possibles : entreprise individuelle, micro-entreprise, ou société (SASU, SAS, EURL, SARL) dont vous êtes dirigeant ou gérant.

Si vous exerciez déjà votre activité non salariée en même temps que votre emploi salarié avant de le perdre (ce que France Travail appelle une « activité conservée »), la règle est différente : vous cumulez l'ARE et la totalité de vos revenus d'indépendant, mais l'ARCE ne vous est pas ouverte.

Qu'est-ce que l'ARCE ?

L'ARCE (aide à la reprise ou à la création d'entreprise) est un capital versé par France Travail au demandeur d'emploi qui crée ou reprend une entreprise. Elle remplace le versement mensuel de l'ARE : vous touchez une partie de vos droits en capital au lieu de les recevoir mois par mois.

Quelles sont les conditions pour toucher l'ARCE ?

Trois conditions cumulatives :

  • avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de votre contrat de travail, et au plus tôt à partir de votre inscription comme demandeur d'emploi ;
  • percevoir l'ARE ;
  • bénéficier de l'ACRE, l'exonération partielle de cotisations sociales de la première année. Depuis 2026, cela veut dire l'avoir demandée à l'Urssaf dans les délais (voir plus bas).

L'ARCE ne se cumule pas avec le maintien de l'ARE : il faut choisir l'une ou l'autre.

Quel est le montant de l'ARCE ?

L'ARCE est égale à 60 % de vos droits ARE restants à la date où elle vous est attribuée, c'est-à-dire 60 % de votre allocation journalière multipliée par le nombre de jours d'indemnisation qu'il vous reste. Une retenue de 3 % est déduite pour financer les retraites complémentaires, et l'ARCE est soumise à la CSG et à la CRDS.

Exemple : il vous reste 400 jours d'indemnisation à 50 € par jour, soit 20 000 € de droits.

  • ARCE brute : 60 % × 20 000 € = 12 000 €
  • Après la retenue de 3 % (360 €) : 11 640 €, avant CSG et CRDS
  • Versée en deux fois : environ 5 820 € à chaque versement

Le calcul part des droits restants au moment de l'attribution : chaque jour d'ARE perçu avant réduit le capital. Si vous avez déjà choisi l'ARCE, ne tardez pas à la demander.

Comment l'ARCE est-elle versée ?

En deux versements égaux :

  • le premier, à la date où vous remplissez toutes les conditions (un différé d'indemnisation peut s'appliquer) ;
  • le second, six mois plus tard, si vous exercez toujours votre activité et que vous n'occupez pas un CDI à temps plein. Pour une activité créée avant le 1er avril 2025, seule la poursuite de l'activité est exigée.

Vous pouvez donc reprendre un emploi salarié à côté de votre entreprise : seul un CDI à temps plein bloque le second versement. Depuis le 1er septembre 2026, cette condition ne s'applique plus aux créateurs d'une SCOP qui y travaillent en CDI à temps plein.

Côté impôt, l'ARCE est imposable dans la catégorie des traitements et salaires, comme l'ARE.

Comment fonctionne le maintien de l'ARE ?

Vous continuez à recevoir l'ARE chaque mois, diminuée de 70 % des rémunérations que vous tirez de votre activité. Plus l'entreprise vous rémunère, moins l'allocation est élevée. Le calcul est refait chaque mois à partir de ce que vous déclarez lors de l'actualisation.

  • Formule : ARE mensuelle − 70 % de vos rémunérations d'indépendant.
  • Plafond mensuel : rémunération + allocation ne peuvent pas dépasser le salaire mensuel moyen qui a servi à calculer votre ARE.
  • Plafond global : pour une ARE ouverte après une fin de contrat à partir du 1er avril 2025, le cumul s'arrête quand vous avez perçu 60 % des droits qui vous restaient au démarrage de l'activité.
  • En micro-entreprise, le revenu retenu est votre chiffre d'affaires après abattement : 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales.

Quand le plafond de 60 % est atteint, vous pouvez demander à l'instance paritaire régionale (IPR) de continuer à percevoir les 40 % restants, à deux conditions : n'avoir tiré aucune rémunération de votre activité et prouver qu'elle est réelle. La demande se fait dans les 6 mois après l'atteinte du plafond. France Travail vous prévient par courrier quand vous en approchez.

Tant que vos revenus ne sont pas connus, France Travail verse une avance de 70 % de l'allocation, puis régularise sur vos revenus réels. Quand ils sont connus, l'avance est de 80 %, à condition d'envoyer vos justificatifs avant la fin du mois suivant.

Contrairement à l'ARCE, le maintien de l'ARE continue de vous faire acquérir des trimestres de retraite.

ARE ou ARCE : comment choisir ?

Reprenons l'exemple : 20 000 € de droits restants et une ARE de 1 500 € par mois (50 € × 30 jours).

  • Avec l'ARCE : 11 640 € en deux versements (avant CSG et CRDS), quels que soient vos revenus. Si l'activité s'arrête, il vous reste 40 % des droits, soit 8 000 €.
  • Avec le maintien de l'ARE, sans vous verser de rémunération : 1 500 € par mois jusqu'au plafond de 60 % (12 000 €), soit environ 8 mois. Il faut ensuite saisir l'IPR pour les 40 % restants.
  • Avec le maintien de l'ARE et 1 000 € de rémunération par mois : 1 500 € − 700 € = 800 € d'allocation par mois. Le plafond de 12 000 € est atteint en 15 mois environ, dans la limite de la durée de vos droits.

Choisissez plutôt l'ARCE si :

  • votre projet demande un investissement de départ (matériel, stock, local, apport au capital social) ;
  • vous comptez vous rémunérer rapidement, ce qui réduirait fortement l'ARE maintenue ;
  • vous avez besoin du capital pour convaincre une banque d'accorder un prêt.

Choisissez plutôt le maintien de l'ARE si :

  • votre chiffre d'affaires mettra plusieurs mois à démarrer ;
  • vous voulez un revenu régulier pendant le lancement ;
  • votre projet demande peu d'investissement ;
  • vous voulez continuer à valider des trimestres de retraite.

France Travail met à disposition un simulateur d'ARCE pour estimer votre montant à partir de vos droits.

Que deviennent les 40 % restants de l'ARCE ?

Ils restent à votre disposition si votre activité s'arrête. Il faut vous réinscrire comme demandeur d'emploi, et l'ARE reprend après un différé : le montant brut du second versement de l'ARCE divisé par votre allocation journalière brute.

Dans l'exemple : 6 000 € de second versement brut ÷ 50 € = 120 jours de différé, environ quatre mois après le second versement.

Ce reliquat se demande dans un délai de 3 ans à compter de l'ouverture des droits, augmenté de leur durée initiale. Pour une ARCE attribuée à partir du 1er avril 2025, la reprise des droits suppose l'arrêt de l'activité.

ACRE et ARCE : quelle différence ?

Ce sont deux aides distinctes, souvent confondues. L'ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales accordée par l'Urssaf pendant la première année. L'ARCE est un capital versé par France Travail. Pour avoir l'ARCE, il faut avoir l'ACRE.

Ce qui a changé en 2026 :

  • L'ACRE n'est plus automatique. Jusqu'au 31 décembre 2025, aucune formalité n'était nécessaire. Depuis le 1er janvier 2026, il faut la demander à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d'activité, avec le formulaire adapté et un justificatif de votre situation (par exemple votre notification de droits à l'ARE).
  • Le montant a baissé. Pour une activité commencée à partir du 1er janvier 2026, l'exonération est de 25 % des cotisations personnelles (maladie-maternité, retraite de base, invalidité-décès, allocations familiales) si votre revenu professionnel ne dépasse pas 36 045 €. Elle diminue progressivement jusqu'à 48 060 €, puis disparaît.
  • En micro-entreprise, l'ACRE prend la forme d'un taux de cotisations réduit à 75 % du taux normal jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d'activité. Exemple : 15,9 % au lieu de 21,2 % pour une activité artisanale.

L'Urssaf répond sous 30 jours pour une micro-entreprise, et l'absence de réponse vaut accord. Il faut aussi ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes. En société, vous devez garder le contrôle effectif pendant au moins 2 ans, sinon l'Urssaf peut retirer l'aide.

Si vous oubliez de demander l'ACRE dans les 60 jours, vous perdez l'exonération et, avec elle, l'accès à l'ARCE.

Comment demander l'ARCE, étape par étape ?

  1. Inscrivez-vous à France Travail avant de créer, et vérifiez vos droits restants.
  2. Créez votre entreprise et obtenez votre justificatif d'immatriculation : un extrait Kbis pour une société commerciale, ou l'attestation d'inscription au registre national des entreprises (RNE).
  3. Demandez l'ACRE à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d'activité.
  4. Faites votre demande d'ARCE auprès de votre conseiller France Travail, avec le justificatif de création.
  5. Six mois après le premier versement, le second est versé si vous exercez toujours votre activité et n'êtes pas en CDI à temps plein.

Pour estimer ce que coûte l'immatriculation selon la forme choisie, consultez notre article combien coûte la création d'une entreprise en 2026.

Quel statut choisir quand on crée au chômage ?

Le statut ne change pas le montant de l'ARCE. En revanche, il change beaucoup le résultat du maintien de l'ARE, puisque l'allocation baisse avec la rémunération que vous vous versez.

Toutes les formes et leurs frais sont présentés sur notre page création d'entreprise en ligne.

Questions fréquentes sur l'ARE et l'ARCE

Peut-on cumuler l'ARE et l'ARCE ?

Non. Vous devez choisir entre le maintien mensuel de l'ARE et l'ARCE. Si vous choisissez l'ARCE, vous ne pouvez plus cumuler l'ARE avec les revenus de votre activité.

Peut-on cumuler l'ARCE et un salaire ?

Oui, vous pouvez occuper un emploi salarié en plus de votre entreprise. Mais pour une activité créée à partir du 1er avril 2025, le second versement de l'ARCE n'est pas versé si vous êtes en CDI à temps plein six mois après le premier.

Quel est le délai pour demander l'ARCE ?

France Travail ne fixe pas de délai sur sa page dédiée. Le vrai délai à respecter est celui de l'ACRE : 60 jours après le début d'activité. Sans ACRE, pas d'ARCE. Et comme l'ARCE est calculée sur les droits qui restent au jour de son attribution, une demande tardive réduit le montant.

L'ARCE est-elle imposable ?

Oui. Elle est imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, et soumise à la CSG et à la CRDS. Une retenue de 3 % pour les retraites complémentaires est aussi déduite.

Peut-on créer une SASU et toucher le chômage ?

Oui. Le président de SASU peut garder l'ARE s'il s'est inscrit à France Travail avant la création. L'allocation est réduite de 70 % de la rémunération qu'il se verse, dans la limite de 60 % des droits restants. Il peut aussi choisir l'ARCE à la place, s'il a obtenu l'ACRE.

Combien rapporte l'ACRE en 2026 ?

Pour une activité commencée à partir du 1er janvier 2026 : 25 % d'exonération sur les cotisations personnelles pendant 12 mois si le revenu ne dépasse pas 36 045 €, de façon dégressive jusqu'à 48 060 €. En micro-entreprise : un taux réduit à 75 % du taux normal jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d'activité.


Créer votre entreprise en ligne avec un expert-comptable →
Création à 0 € d'honoraires (hors greffe, annonce légale, INPI, engagement 12 mois). Un expert-comptable ACCKIN, cabinet inscrit à l'Ordre, vous aide à choisir le statut qui colle à votre situation de demandeur d'emploi : premier rendez-vous de 15 minutes offert.


Sources officielles consultées le 27 octobre 2026 : aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) ; créer une entreprise et garder l'allocation chômage ; ACRE ; Urssaf, l'ACRE ; France Travail, pages « Aide à la reprise et à la création d'entreprise (ARCE) » « Je crée, je reprends une entreprise » et guide 2026 « ARE, ARCE, Acre ».

مشاركة المقال